temoignages


Fuite artistique ?

« D’après Henri Laborit, l’homme ne dispose que de 3 choix face à l’épreuve : combattre, ne rien faire, fuir. Combattre ? C’est une spirale d’agression à répétition. Ne rien faire ? Par peur d’entrer dans la spirale d’agression, on s’assène les coups à soi-même et les maladies psychosomatiques fleurissent. Il reste la fuite. Chimique, avec l’alcool, la drogue, et on s’éloigne du monde réel. Géographique ? Cela revient à faire voyager ses problèmes. On ne saurait trop conseiller ces deux premières sortes de fuites, et là j’en viens au fait, la fuite artistique. Celle-ci consiste à transformer la colère, la douleur générée par l’épreuve en œuvre d’art. A exprimer tout ce qu’on ne s’autorise pas à clamer. Bien sûr, l’atelier architecture du lycée n’a pas vocation d’être l’antidépresseur de ses participants. Mais dans une optique plus large, et avec des prétentions plus modestes, je soutiens qu’il les fait évoluer. Parce qu’il s’agit d’un atelier de pratique artistique mais aussi précisément parce qu’il s’agit d’architecture. Quoi de mieux que de penser l’élaboration d’un bâtiment lorsqu’on est en train de se construire soi-même ? La notion de choix des matériaux, de compromis entre contrainte et envie, donne à réfléchir sur la place que l’on prend. Quoi de mieux que l’architecture pour apprendre à ouvrir des portes ? Des portes pour découvrir des ailleurs, des portes pour rêver plus haut et plus fort. Des portes sur soi aussi, puisque l‘on fait de belles rencontres et tout le reste en est changé. Il faut donc continuer de rendre accessibles tant de possibilités et encourager de nombreux élèves à cette fuite qui se métamorphose en progression artistique. »

Stéphanie, 2005, désormais en Licence de Lettres à Dijon

Choisir une profession artistique

« L’atelier architecture m’a permis d’apprendre à être responsable, puis d’être sélectionnée dans une école d’architecture. En Terminale j’étais partagée entre mon but, faire un métier dans un milieu créatif, et le désir de mes parents. Devant ma détermination, ils ont fini par accepter. »

Amandine, 2004, désormais à l’école d’Architecture de Versailles

Avoir envie de construire l’avenir

« L’atelier permet de réaliser son projet de A à Z et de pouvoir participer à un voyage d’études. Pendant les heures d’atelier, le projet individuel est débattu avec Marcello qui partage ses connaissances et ses compétences. L’Atelier vous apprend à regarder le monde qui vous entoure et vous donne un pass pour le futur. Vous prouverez aux gens qui vous entourent qu’il n’y a pas que les cours et les notes qui comptent. Il y a aussi la formation artistique. Pour être un bon architecte, il faut être passionné et avoir envie de construire l’avenir. »

Hélène, 2004

Avant le dessin et la maquette, l’idée

« Dans une maison idéale, on devrait trouver selon moi, deux choses, l’eau et l’imperfection. L’eau car elle est la vie. L’imperfection parce qu’elle fait partie de la vie et de notre quotidien. A quoi bon essayer d’atteindre la perfection puisqu’elle n’existe pas dans notre société ? De plus la perfection a quelque chose d’ennuyeux, et de par la distance qu’il y a entre elle et l’homme elle touche à l’inhumain. Ainsi s’expliquent les contours irréguliers de cette maison. Une irrégularité que l’on retrouve dans toutes les pièces par la disposition des murs et par les dômes. Si la forme dominante reste la courbe, c’est pour apporter une touche de fluide à cet espace et pour le rendre plus libre. Enfin, on retrouve ce fluide dans l’eau qui traverse le maison de bas en haut. De cette manière, elle répand la vitalité par son mouvement et la tranquillité par sa mélodie naturelle. »

Delfine, 2002

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